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Peut-on vendre un bien en usufruit ou en droit d’habitation? Le guide complet

Meryem Chiouar
20.08.2025
6 min
Sommaire
Ce que vous allez apprendre sur la vente en usufruit ou en droit d'habitation
  • L'usufruit permet d'occuper le bien, d'en percevoir les revenus (loyers) et de le louer.
  • Le droit d'habitation limite l'usage à l'occupation personnelle du logement, sans possibilité de location.
  • La vente possible dans les deux cas, mais avec des restrictions : énormément dépendent du type de droit, de l'accord des parties, et de l'enregistrement au registre foncier.
  • Leurs fiscalités, obligations et entretiens diffèrent.
  • Ce sont des solution idéale pour planifier une succession tout en continuant à vivre dans son logement.

En Suisse, il est tout à fait possible de vendre un bien immobilier tout en conservant un droit d’usage : soit un usufruit, soit un droit d’habitation. Ces deux mécanismes sont souvent utilisés dans des contextes familiaux (donation, succession) ou pour optimiser fiscalement une vente tout en gardant un certain confort de vie.

Mais quelle est la différence entre ces deux droits ? Quels sont les avantages, les contraintes, et les implications fiscales ou successorales pour le vendeur comme pour l’acheteur ? On vous explique tout.

Usufruit: un droit étendu mais contraignant

L’usufruit est un droit réel inscrit au registre foncier, qui permet à son titulaire – l’usufruitier – d'utiliser un bien immobilier, de l'habiter ou de le louer, et de percevoir les revenus qui en découlent.

Qui peut l’utiliser?

  • Les conjoints survivants dans le cadre d’une succession.
  • Les parents souhaitant transmettre un bien à leurs enfants tout en en gardant l'usage.
  • Les vendeurs souhaitant conserver l’usage de leur logement.

Ce que peut faire l’usufruitier:

  • Habiter le bien lui-même, le louer et percevoir les revenus locatifs.
  • Entretenir le logement à ses frais (entretien courant, charges, assurances).
  • S’acquitter des impôts sur le revenu, la fortune et la valeur locative.

Mais aussi :

  • Il ne peut pas vendre le bien (sans l'accord du nu-propriétaire).
  • Il ne peut pas hypothéquer le bien ou en modifier la structure sans autorisation.

Exemple: Un parent cède la propriété de sa maison à ses enfants, tout en conservant l’usufruit. Il continue à y vivre ou à la louer et en tirer un revenu jusqu'à son décès.

Droit d’habitation: usage personnel uniquement

Moins étendu que l’usufruit, le droit d’habitation est un droit personnel d’usage, généralement accordé à titre viager(jusqu’au décès du bénéficiaire).

Ce que permet ce droit:

  • Habiter le logement lui-même (et avec sa famille proche), mais pas de location possible.
  • Ne couvre que l’usage personnel et direct, donc plus restrictif.
  • Le droit s’éteint en cas de départ définitif ou de décès.

Coûts et fiscalité:

  • Entretien courant, frais de chauffage, impôts sur la valeur locative.
  • Le nu-propriétaire continue à payer impôts fonciers et assurances.

Exemple : Dans un divorce, l’un des conjoints peut conserver un droit d’habitation viager sur l’ancienne maison familiale, mais sans pouvoir la louer ou en tirer des revenus.

Comparatif Usufruit vs Droit d’habitation

CritèreUsufruitDroit d’habitation
Droit d’habiterOuiOui
Droit de louer le bienOuiNon
Droit de céder le droitParfois (selon l’acte)Non, strictement personnel
DuréeÀ vie ou déterminéeÀ vie ou déterminée
Imposable en tant que revenuOui (revenus locatifs ou valeur locative)Oui (valeur locative uniquement)
Charges et entretienEn général à la charge de l’usufruitierPartagés selon l’accord
Fin du droitRetour pleine propriété au nu-propriétaireIdem

Peut-on vendre un bien grevé d’usufruit ou de droit d’habitation?

Vente avec usufruit

  • Le nu-propriétaire peut vendre, mais l’usufruit subsiste et est opposable à l’acheteur.
  • Il est aussi possible de vendre la nue-propriété et conserver l’usufruit (souvent pour se constituer un capital retraite).
  • Une vente conjointe entre usufruitier et nu-propriétaire est possible si les deux s’accordent sur le prix et la répartition.

Vente avec droit d’habitation

  • Le bien peut être vendu, mais le droit d’habitation subsiste jusqu'à son extinction (décès ou renonciation).
  • En cas de vente forcée, il peut être supprimé, mais cela donne lieu à un dédommagement.

Quelle valeur attribuer au bien en cas de vente en nue-propriété?

L’évaluation du bien dépend du type de droit conservé et de la durée estimée de ce droit. En général, la valeur de la nue-propriété est calculée selon un barème tenant compte de l’âge de l’usufruitier ou du bénéficiaire du droit d’habitation.

Exemple (indicatif) :

Âge de l’usufruitier (ou bénéficiaire du DH)Valeur de l’usufruitValeur de la nue-propriété
50 ans50 %50 %
70 ans30 %70 %
85 ans10 %90 %

Ces taux peuvent varier selon les cantons, les actes notariés ou les accords entre les parties. Il est conseillé de faire estimer le bien par un expert (notaire, fiduciaire ou plateforme comme RealAdvisor) avant de fixer un prix de vente.

Focus: vente en viager avec droit d’habitation

Le viager permet de vendre un bien tout en continuant à l’occuper. Il est très proche de la vente avec usufruit ou droit d’habitation, avec des spécificités fiscales et contractuelles.

Avantages :

  • Rente mensuelle (revenu complémentaire)
  • Conservation du logement
  • Charges lourdes à la charge du débirentier

Inconvénients :

  • Pas de transmission du bien aux héritiers
  • Pas de possibilité de revenir sur la vente
  • L'acheteur doit supporter les frais notariés et attendre le décès pour devenir pleinement propriétaire

Implications fiscales: ce qu’il faut savoir

La vente avec réserve d’usufruit ou de droit d’habitation a des conséquences fiscales directes qu’il ne faut pas négliger.

Impôt sur les gains immobiliers

L'impôt sur le gain immobilier est en principe dû sur la valeur totale de la vente, même si l’usufruit ou le droit d’habitation est conservé. Toutefois, certaines déductions peuvent s’appliquer, et les cantons ont parfois des règles spécifiques.

Impôt sur la fortune

L’usufruitier est souvent imposé sur la pleine valeur du bien (ou une valeur économique estimée), puisqu’il en retire un avantage économique. En revanche, le nu-propriétaire ne déclare rien dans certains cantons, ou uniquement une part symbolique.

Fiscalité du droit d’habitation

Le droit d’habitation entraîne une imposition sur la valeur locative du bien (même si aucun loyer n’est perçu). En revanche, il n’y a pas de revenus imposables réels, car il est interdit de louer le bien.

Pourquoi se faire accompagner ?

  • Une vente de bien en usufruit ou droit d’habitation implique des conséquences juridiques et fiscales complexes.
  • Il est essentiel de consulter un notaire ou un expert en droit immobilier pour :
    • Rédiger les actes correctement
    • Sécuriser les droits des deux parties
    • Optimiser la fiscalité et la valeur de revente

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FAQ

Quelle est la principale différence entre l’usufruit et le droit d’habitation ?

Ces deux servitudes permettent au conjoint ou au concubin d’habiter un bien dont on est propriétaire. L’usufruitier et le titulaire du droit d’habitation, sans être propriétaires du bien, en ont la jouissance totale. Le premier peut transmettre ce droit de jouissance, ce qui n’est pas le cas de l’autre.

Peut-on vendre une maison en usufruit à un enfant ?

Bien que cela ressemble à une donation voilée, il est possible pour un parent de vendre sa maison à son ou ses enfants avec réserve d’usufruit. Ce qui lui permet de continuer à habiter le logement. À son décès, le ou les nus-propriétaires recouvreront alors la pleine propriété.

Est-il possible de vendre l’usufruit sans l’autorisation du nu-propriétaire ?

N’étant pas pleinement propriétaire, l’usufruitier peut vendre ou céder gratuitement uniquement son droit d’usufruit. Dans le principe, il n’est pas tenu d’avoir au préalable une autorisation du nu-propriétaire.

Meryem Chiouar
Forte de ses 9 années d'expérience en écriture, Meryem s'est spécialisée depuis 4 ans dans le conseil immobilier. Elle se concentre particulièrement sur les publications liées aux évolutions du marché immobilier en Suisse, ainsi qu'aux questions de financement, d'acquisition et de vente de biens immobiliers. Son expertise en immobilier lui permet de partager des informations précieuses pour aider les gens à prendre des décisions éclairées dans ce domaine.
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