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Vous avez trouvé le bien idéal et vous vous apprêtez à faire une offre d'achat. Mais en Suisse, à quoi cette offre vous engage-t-elle vraiment? La réponse surprend souvent, car elle est très différente de ce qui se pratique dans d'autres pays. Voici ce qu'il faut savoir avant de vous lancer.
L'offre d'achat est la proposition par laquelle un acheteur fait savoir au vendeur qu'il souhaite acquérir son bien à un prix donné. Elle intervient généralement après la visite, et sert de point de départ à la négociation. L'acheteur peut proposer le prix affiché ou un montant inférieur.
Concrètement, l'offre indique votre intention, votre prix et vos éventuelles conditions. Elle peut être orale ou écrite, mais l'écrit est vivement recommandé: il donne du poids à votre démarche et permet au vendeur de hiérarchiser les candidatures.
Bon à savoir: en Suisse, l'offre d'achat est parfois appelée «promesse d'achat». Attention toutefois à ne pas la confondre avec la promesse de vente, qui est, elle, un acte notarié engageant (voir plus bas).
C'est LA question, et la réponse est sans doute l'inverse de ce que vous pensez: en Suisse, non, une offre d'achat n'engage pas juridiquement.
La raison tient au droit suisse. Selon l'article 216 du Code des obligations, une vente immobilière, une promesse de vente ou une promesse d'achat ne sont valables que si elles sont passées en la forme authentique, c'est-à-dire devant un notaire. Tant que cet acte n'est pas signé, ni l'acheteur ni le vendeur ne sont liés, même si le vendeur a «accepté» votre offre.
C'est une différence majeure avec la France, où l'offre d'achat écrite engage l'acheteur et où existe un délai de rétractation de 10 jours. En Suisse, ces règles n'existent pas: l'engagement naît uniquement à la signature de l'acte notarié.
Bon à savoir: cela vaut dans les deux sens. Le vendeur non plus n'est pas tenu de vous vendre le bien tant que l'acte n'est pas signé. Il peut accepter votre offre, puis privilégier un autre acheteur, ou se raviser, sans conséquence juridique. Seul un engagement moral existe entre l'acceptation et la signature.
Si elle n'engage pas, à quoi sert-elle ? À beaucoup de choses, en réalité:
Une offre solide et bien présentée peut faire la différence à prix égal, car le vendeur choisit souvent le dossier le plus rassurant.

Même sans valeur contraignante, une offre gagne à être complète et professionnelle. Elle mentionne en général:
Astuce: joignez à votre offre une attestation de financement de votre banque. Ce document, sans engagement, prouve votre capacité à acheter et rassure fortement le vendeur. À prix égal, c'est souvent ce qui fait pencher la balance en votre faveur.
Objet : offre d'achat pour le bien sis [adresse complète]
Madame, Monsieur,
À la suite de la visite du bien situé [adresse], parcelle n° [numéro],
le [date], je vous soumets une offre d'achat aux conditions suivantes :Acheteur : [nom, prénom, adresse]
Bien concerné : [type de bien, adresse, surface, n° de parcelle]
Prix proposé : CHF [montant en chiffres] ([montant en toutes lettres])
Financement : [fonds propres] + financement hypothécaire auprès de [banque]
Conditions : offre soumise à l'obtention du financement hypothécaire
Validité de l'offre : jusqu'au [date]Je me tiens à votre disposition pour convenir d'un rendez-vous chez le
notaire afin de formaliser la transaction. Vous trouverez ci-joint mon
attestation de capacité financière.Avec mes salutations les meilleures,
[Lieu, date]
[Signature]
Les conditions suspensives subordonnent la vente à la réalisation d'un événement (typiquement l'obtention de votre prêt hypothécaire). Elles vous protègent, mais elles ont un revers: trop de conditions peuvent inquiéter le vendeur et l'inciter à préférer une offre plus simple, même légèrement moins élevée.
Le bon équilibre consiste à ne retenir que les conditions vraiment essentielles à votre situation, et à les formuler clairement.
Le vendeur n'est pas obligé d'accepter votre offre. Il peut l'accepter, la refuser, ou formuler une contre-offre (un prix ou des conditions modifiés). Dans ce cas, votre offre initiale tombe, et la discussion se poursuit sur la nouvelle base.
En Suisse, la marge de négociation dépend du bien et du marché, mais reste souvent modérée: de l'ordre de 5 % pour les maisons et 3 % pour les appartements en moyenne, davantage si le bien est surévalué ou nécessite des travaux. Avant de fixer votre prix, il est donc essentiel d'estimer la valeur réelle du bien.
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Une fois l'offre acceptée, la transaction n'est pas finie, elle commence. Les étapes suivantes sont:
C'est seulement à partir de la signature notariée que les engagements deviennent fermes.
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Découvrir les meilleures agencesNon. Tant que l'acte de vente n'est pas signé devant notaire (art. 216 du Code des obligations), ni l'acheteur ni le vendeur ne sont juridiquement engagés, même après acceptation de l'offre. Il n'existe pas non plus de délai de rétractation comme en France.
Oui. En Suisse, vous pouvez retirer votre offre tant que l'acte notarié n'est pas signé, l'offre n'étant pas contraignante. Par correction, il est toutefois recommandé d'en informer le vendeur ou le courtier.
L'identité des parties, la description du bien, le prix proposé, la durée de validité, le mode de financement et les éventuelles conditions suspensives. Une attestation de financement renforce nettement sa crédibilité.
Non. En Suisse, aucun acompte n'est dû au stade de l'offre. Un versement (souvent autour de 10 %) intervient plus tard, au stade de la promesse de vente ou de l'acte notarié.
